Dimanche C’Netflix and Chill, mon avis sur Mad Men !

Dimanche c’est un jour où on a rien envie de faire, on a juste envie de se reposer de la semaine fatigante devant une bonne série ou un film. Alors on démarre Netflix, on cherche quoi regarder et finalement on se rend compte que ça fait une heure qu’on parcourt le catalogue de l’application toujours pas décidé. Oui je sais, c’est exaspérant. On ne sait quoi choisir devant tant de choix !

C’est pour cela que je me donne la mission de vous faire découvrir une série ou un film, chaque dimanche, dans le but de faciliter vos recherches, voir de les supprimer complètement pour vous servir sur un plateau des programmes de bonne qualité qui ne sont pas forcément très connus. Je vous donne ce coup de main car je respecte profondément cette tradition du « Netflix and Chill » le dimanche et que j’encourage toute forme de procrastination.

Vous avez peut-être déjà entendu le nom de cette série sans pour autant l’avoir vu ou savoir de quoi elle parle. Aujourd’hui je vais vous parler de Mad Men.

Ne vous inquiétez pas, je vais vous parler de la série (d’un point de vue le plus objectif possible) sans pour autant spoiler quoique ce soit ! Vous pouvez lire la suite de l’article en paix.

La série est aujourd’hui déjà terminée et elle compte 7 saisons, toutes composées de 13 épisodes durant une cinquantaine de minutes. L’intrigue principale se déroule à New York (Etats-Unis), dans une agence de publicité durant les années 60. Quand j’ai lu ça pour la première fois, je vous avoue que ce qui m’a poussé à cliquer sur le bouton « Play » c’est le fait que l’action prenne place pendant les Sixties. Je pense ne pas trop m’avancer quand je dis que c’est une décennie fascinante qui en passionne beaucoup (moi y compris). D’ailleurs, plusieurs séries ont décidé d’utiliser les années 60 comme environnement. On peut citer 22.11.63 par exemple, une mini série avec James Franco ou encore Aquarius (j’en parlerai surement dans une prochaine chronique).

Ce choix implique donc à la série télévisée de faire des liens fréquents avec l’actualité de cette période, qui historiquement et culturellement fut très riche. Il faut donc que je mentionne à quel point ce travail est correctement effectué, la série n’hésite pas à utiliser des images d’archives (des discours de JFK, images des premiers pas sur la lune, etc…), ce qui crédibilise encore plus la série.

Pour rester dans l’ambiance des Sixties, Mad Men nous plonge dans un répertoire de musiques de la période et rien que pour ça la série mérite que vous y jetiez un coup d’oeil !

Autant vous dire que c’est une série qui m’a marqué pour son esthétique. Les décors, les costumes, les moindres petits détails nous font voyager dans le temps. C’est impressionnant comment les décorateurs nous transportent dans les années 60, on s’y croit vraiment. De plus, absolument tout est agréable à regarder, chaque épisode est un délice pour les yeux. Ce cadre colle parfaitement avec les mentalités de cette époque là que les scénaristes ont tenu à recréer à travers les personnages. On y trouve une atmosphère plus conventionnelle et traditionnelle par rapport à aujourd’hui et cela se fait ressentir dans l’intrigue. En effet, la façon de penser des personnages, leurs paroles peuvent parfois nous étonner, voir nous choquer, puisqu’elles nous semblent tellement désuètes. Mais au début des Sixties, les révolutions n’avaient pas encore eu lieu et les Etats-Unis constituaient un état conservateur, cela se retranscrira dans la série à travers les costumes et le scénario principalement. La série abordera trois sujets majeures qui questionneront l’éthique de l’époque et celle d’aujourd’hui d’une façon plus ou moins indirecte :

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Voici un de mes plans préférés

La société de consommation : 

Il est évident que la série allait aborder le sujet, l’action se déroule dans une agence de publicité, ça coule de source. Rappelons que le but de la pub est de créer le besoin chez le consommateur.

Dans la série, j’ai cette impression que les scénaristes font comme une satire de la société de consommation aux Etats-Unis durant cette période. Tout au long des sept saisons, les employé(e)s de l’agence n’ont qu’un objectif : vendre des publicités qui feront vendre des produits. On s’aperçoit que dans cette société on est tous des consommateurs. Je parle ici de satire, car à plusieurs reprises, certains personnages de la série feront des achats plus ou moins ridicules, des achats faramineux qui se révèlent inutiles. Les plus riches d’entre eux ne sauront plus quoi acheter ! Et puis le caractère prévisible des consommateurs, qui est envisagé par les créatifs de l’agence, montre à quel point notre libre arbitre n’est en fait qu’illusion puisque nous sommes « contrôlés » par la publicité. Cette satire est valable pour l’époque mais encore plus aujourd’hui puisque la société de consommation est bel et bien toujours d’actualité.

Dans le générique de la série (qui est un chef d’oeuvre autant visuellement que musicalement), on peut se rendre compte à travers plusieurs publicités que la consommation fait partie intégrante de la culture des Etats-Unis à cette époque, notamment avec une affiche qui arbore le slogan « Enjoy the best America has to offer » (« Profitez de ce que l’Amérique a de mieux à offrir »), cela fait directement référence à la culture de l’American way of life, un  mode de vie spécifique au pays, qui s’est largement démocratisé dans l’Occident, puis dans le monde durant la mondialisation 30 ans plus tard. Cette façon de vivre est plus que ça, c’est une mentalité, des idéaux qui sont liés au modèle économique dominant des Etats-Unis : le capitalisme. Cette vision de l’économie est basée sur la propriété personnelle et l’acquisition de biens et de richesses, ce qui concorde avec l’émergence de la société de consommation.

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Sur cette image, le personnage central, Don Draper, présente une campagne de pub pour la marque de Ketchup Heinz. 

Dans la série, on s’aperçoit qu’une compétition officieuse est omniprésente entre tous les hommes de l’agence. Il faut être le meilleur, le plus riche, etc… Bien entendu exposer l’opulence de ses biens est un de leur jeu favori et chacun se donne la mission de réussir, cependant la réussite est représentée par une chose évidente : le pouvoir de consommer.

Le caractère mercantile de cette époque est bien illustré par plusieurs détails tout au long de la série qui la rend vraiment crédible.

Le racisme :

En regardant la série, on se dit souvent « Mais c’est raciste ça ?! ». Et oui, le racisme n’est pas un sujet aussi présent que la société de consommation  pourtant il est bien là.

En 1960, la ségrégation raciale est toujours d’actualité et les mouvements de contestations pacifistes sont évoqués dans la série puisque celle-ci mets fréquemment en lien des événements historiques à l’intrigue.

Mais ce qui est le plus marquant c’est les mentalités et les réflexions racistes de certains personnages qui sont banalisées puisqu’elles sont considérées comme « normale » durant cette époque.

Sur l’image ci-dessous, on voit un personnage de la série embrasser une femme afro-américaine au bureau. Les couples mixtes sont aujourd’hui communs mais, dans les Sixties c’est difficilement acceptable socialement. Cette scène provoquera d’ailleurs de vives réactions qui cristalliseront le racisme présent dans les mentalités de l’époque.

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Dans le traitement du sujet du racisme, la série peut parfois choquer, car tout a l’air tout à fait normal pour les personnages alors qu’aujourd’hui certaines paroles ou actes réalisés seraient scandaleux. Pourtant, certains d’entre eux nous renvoient à l’actualité, notamment la scène où Roger Sterling, un des personnages principaux du programme, se « déguise » en noir pour une garden party dans le but d’amuser tout le monde. Aujourd’hui quand une personne fait ceci elle est immédiatement pointée du doigt pour racisme, mais dans la sériecela a fait rire tout le monde.

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Sur cette image, Roger Sterling, un des personnages principaux, est « déguisé » en afro-américain pour une garden party. 

Le sexisme :

Il y a clairement deux mondes représentés dans le programme : un pour les hommes et un autre pour les femmes.

Les codes sont complètement différents, selon le genre. Je vais rejoindre ce que j’ai précédemment annoncé sur le traitement du racisme dans la série et vous dire que c’est un traitement similaire pour le sexisme dans Mad Men. Il est omniprésent dans le rapport homme/femme et bien entendu il est banalisé, accepté par les hommes et un peu moins par les femmes mais il reste ancré dans cette société patriarcale qui donne des rôles bien définis à chacun.

Les préjugés ont la vie dure et bien dans le programme ils sont quotidiens. Les femmes sont toutes secrétaires ou femmes au foyer et sont décrites comme fragiles, superficielles et prête à tout pour trouver un mari. En clair, leur seul but serait de s’occuper d’elles-mêmes pour plaire aux hommes. Une fois le mari trouvé, elles lui devraient obéissance et soumission. D’ailleurs, on remarquera assez rapidement que l’infidélité masculine est de mise mais, que cela doit plus ou moins être accepté par les femmes, car « les hommes sont comme ça, ils ont des besoins, etc… ».

Cette attitude frivole est majoritairement valable pour toutes les femmes de la série sauf quelques-unes qui sauront se démarquer par leurs ambitions.

Le sexisme est représenté envers les hommes également, ils ont l’obligation d’être fort, virile et surtout de ramener de l’argent au foyer. Bien entendu, ils doivent aimer les femmes, l’homosexualité est moralement condamnée dans la série, les esprits n’étant pas encore assez ouverts.

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Je n’ai pas pu tout dire dans cet article qui commence à être un peu long, mais j’espère vous avoir prouvé la qualité de cette série et vous avoir convaincu de passer votre dimanche à dévorer ses sept saisons beaucoup trop courtes. Ce n’est que mon avis personnel mais, Mad Men est une des rares séries à s’améliorer avec le temps, plus on avance dans la série, plus elle devient agréable à regarder.

Bon, je peux comprendre que par fainéantise vous n’ayez pas envie de lire ce long article, vous trouverez à la fin de l’article un tableau récapitulatif !

Bon binge-watching !

 

 

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